Dans un monde audiovisuel en pleine réflexion, Question de Cœur a organisé deux évènements au Festival de Luchon, qui ont eu pour objectifs de donner du sens au rôle du documentaire ou trouver un sens nouveau pour son financement.
[Masterclass] : « Le documentaire peut-il réparer nos humanités »

Anne Dorr, présidente de l’association a reçu Stéphanie Pillonca, réalisatrice multi primée avec ses fictions comme ses documentaires.
Dans son dernier film sorti sur les écrans de cinéma, « Invincible été » et à travers l’histoire d’Olivier, Stéphanie, nous invite à découvrir la transition de vie qui touche un homme atteint de la maladie de Charcot.
Stéphanie porte sur les écrans des personnes courageuses, bien décidées à se battre contre une maladie ou une injustice comme celle de l’inceste.
Sur cette édition, justement, son dernier documentaire, l’Inceste, le combat d’une vie, qui a bouleversé le public et qui sera diffusé prochainement sur Arte, a gagné le prix du Jury du documentaire.
En racontant l’histoire de Steffie, victime d’inceste et dont le petit frère victime aussi s’est suicidé, Stéphanie invite le public à poser non seulement un regard sur ce fléau mais aussi des mots et des mots justes. C’est par une image authentique et des mots justes que le regard des citoyens et des citoyennes peut être différents.
[ Table ronde ] « Les avantages et les freins des financements alternatifs dans le documentaire »
Avec :
– Félicie Roblin : productrice associée de Zadig Productions.
– Jérome Chouraqui : président/fondateur de : mediaClub – The Media Faculty Talent Sphere
– Grégoire Harel : directeur de Proarti
– Lynda Robillard : CEO de ZeMust

La table ronde animée par Olivier Wlodarczyk, vice-président de l’association Question de cœur a mis en évidence la nécessité de réinventer le modèle économique du documentaire tout en préservant son indépendance éditoriale : la baisse des financements publics et la transition du linéaire au non-linéaire fragilisent la diversité des récits.
Les sources traditionnelles (CNC, préachats, aides régionales, coproductions) restent vitales mais insuffisantes ; les professionnels multiplient alors les leviers, mécénat, fonds de dotation, plateformes VOD, coproductions internationales, partenariats en entreprise, qui apportent des opportunités mais souvent de façon ponctuelle.
L’enjeu central est éthique : garantir transparence et non-ingérence des financeurs par des clauses contractuelles précises, un code de bonnes pratiques. Il faut aussi renforcer les compétences numériques (distribution digitale, formats courts, utilisation responsable de l’IA) et construire des circuits de diffusion pérennes (salles art-et-essai, réseaux scolaires, entreprises, plateformes spécialisées).
Question de Cœur continuera son chemin de réflexion sur le fait de privilégier un modèle hybride, encadré et durable, capable d’assurer des financements diversifiés sans compromettre l’intégrité artistique.
A très bientôt pour de nouveaux rendez-vous.

