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Alors que notre monde est en train de subir des guerres meurtrières à grande échelle, le 2 avril dernier, au Palais des Nations à Genève 250 jeunes français et suisses étaient bien  décidés à faire entendre leurs voix : il est temps de réinventer la paix.

À travers cet événement, une évidence s’impose : la jeunesse n’est pas seulement témoin des défis du monde, elle en est un acteur essentiel. En plaçant la conscience, l’engagement et l’humanisme au cœur de leurs démarches, ces jeunes esquissent les contours d’une paix renouvelée, plus inclusive et durable — une paix qui, parce qu’elle se construit dès aujourd’hui, appartient pleinement à demain.

Journée Internationale de la Conscience © Question2coeur

Deux de nos adhérents, Vanessa Mendez, membre du comité de pilotage de la journée,  et Florence Provendier, ancienne député, autrice d’un rapport sur les ODD et invitée pour un panel,  nous racontent cette journée. 

La journée de la conscience au service de la paix

Le 2 avril dernier, au Palais des Nations à Genève, près de 900 participants se sont réunis à l’occasion de la Journée Internationale de la Conscience, événement annuel institué par la résolution du 25 juillet 2019 des Nations Unies.

Organisée par la Fondation LoveForce et l’ONG Alliance pour les Objectifs du Développement Durable (AIODD), cette édition a placé la jeunesse au centre des réflexions autour du thème : « Réinventer la paix ».

Parmi les participants, 250 collégiens, lycéens et étudiants, issus de la région Auvergne-Rhône-Alpes et de l’École Internationale de Genève, ont pris part à ce colloque après avoir suivi un parcours pédagogique consacré aux Objectifs de Développement Durable (ODD) et à l’Agenda 2030. Ce programme leur a permis d’explorer les liens essentiels entre leadership, paix et humanisme.

La paix : une responsabilité partagée

La paix n’est ni un slogan ni un état figé : elle est un processus exigeant, une construction collective et patiente, nourrie par nos interdépendances. À l’heure où nos sociétés sont traversées par des tensions multiples — climatiques, sociales et géopolitiques — affirmer que « la paix, c’est l’affaire de tous » relève d’une responsabilité concrète, et non d’une simple formule.

À l’occasion de cette Journée internationale de la conscience, un message essentiel s’est imposé : la paix commence aussi par une transformation de nos regards, à la fois individuelle et collective. Elle suppose de reconnaître l’autre dans sa dignité, de refuser l’indifférence, et de cultiver l’empathie autant que le sens des responsabilités.

La paix ne saurait être l’apanage des seuls experts ou des institutions. Elle engage l’ensemble des acteurs de la société : citoyens, entreprises, territoires, États. Elle concerne également, les jeunes générations, encore trop souvent reléguées au second plan des décisions politiques et économiques, alors même qu’elles en seront les premières héritières.

Une paix à construire, jour après jour

« Qui veut la paix prépare la paix ». À travers leurs interventions, les jeunes ont exprimé avec force une conviction commune : la paix ne se décrète pas, elle se construit au quotidien, dans les engagements concrets comme dans les choix collectifs. Ils ont rappelé que la paix ne se limite pas à l’absence de conflit, mais qu’elle constitue une dynamique vivante, une capacité à traverser les tensions pour favoriser l’épanouissement individuel et collectif.

À l’intersection de ces mondes pluriels, la paix qui se dessine est exigeante mais possible : une paix fondée sur les droits, portée par la coopération, et résolument tournée vers l’avenir — une paix qui ne laisse personne de côté.

Des voix engagées, porteuses de solutions

Tout au long de la journée, les participants ont partagé des témoignages inspirants, mettant en lumière les défis contemporains qui suscitent leur indignation, mais aussi leur volonté d’agir concrètement.

Parmi les contributions marquantes :

  • Annabel Paris, entrepreneure sociale engagée, a présenté son initiative Lumen, à la croisée du cabinet de conseil et du centre de recherche. Elle a également fondé le réseau Voix en Mouvement, qui accompagne des femmes victimes de violences à travers des programmes éducatifs centrés sur le leadership et l’éthique, co-construits avec elles.
  • Nathan Lemoine et Chloé Moullec, fondateurs du bureau d’études environnemental Green Spheres, ont souligné l’importance d’une écologie globale et régénérative tout en s’appuyant sur les vulnérabilités comme leviers d’innovation systémique. Biodiversité, eau, climat, ressources, santé des écosystèmes et bien-être humain : autant de dimensions indissociables pour penser l’avenir.
  • Mathieu Chappaz, étudiant à Polytech Chambéry, a profondément marqué l’auditoire avec un texte plaidoyer en faveur de la paix par l’art. Il porte également un projet de ciné-débats, visant à faire du cinéma un outil de sensibilisation et de dialogue, transformant les œuvres en supports de réflexion collective.
  • Enfin, Maria Josée Martin et Maxime Salpietro, étudiants à Sciences Po Grenoble, ont proposé une réflexion ambitieuse sur l’évolution des institutions internationales. En écho à l’article 109 de la Charte des Nations Unies, ils ont formulé des propositions concrètes pour un renouveau du multilatéralisme, incluant la création de comités dédiés aux victimes de guerre, à la jeunesse et à la société civile.

Vers un héritage durable

L’ensemble de ces contributions sera rassemblé dans un Livre blanc, destiné aux établissements d’enseignement supérieur partenaires ainsi qu’aux pouvoirs publics. Ce document constituera une base de réflexion et d’action pour mieux intégrer les aspirations de la jeunesse dans les politiques de paix et de développement durable.

Les financements connus, le CNC, les pré-achats des chaînes, les aides régionales, les coproductions internationales, demeurent des piliers essentiels. Mais ils ne suffisent plus à soutenir, à eux seuls, la vitalité de la création.

Alors le secteur explore, invente, tente. Mécénat, fonds de dotation, financement participatif, partenariats avec des plateformes de vidéo à la demande, ventes vers le monde éducatif ou vers l’entreprise : autant de portes qui s’entrouvrent. Elles apportent de l’air, parfois de belles surprises. Pourtant, chacun le sait, ces soutiens restent souvent fragiles, ponctuels, dépendants d’opportunités. Ils complètent un édifice ; ils ne peuvent en être les fondations.


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